Emission 98 : Algérie, 1962, avec Malika Rahal

Quatre-vingt-huitième numéro de Chemins d’histoire, quinzième numéro de la troisième saison

Émission diffusée le dimanche 16 janvier 2022

L’invitée : Malika Rahal, chargée de recherche HDR au CNRS, et directrice de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP). 

Le thème : Algérie, 1962

Le canevas de l’émission

Point de départ. La photographie de la première de couverture. Le 3 juillet 1962, à Alger. Contexte. Une photographie (retravaillée) un peu floue… Que dit-elle du projet de Malika Rahal ? 

Rappel : l’année 1962. Les trois moments de 1962 : les accords d’Évian, signés le 18 mars ; l’indépendance (1er juillet, 3 juillet, 5 juillet) ; les élections à l’Assemblée nationale constituante (20 septembre) et la proclamation de la République algérienne démocratique et populaire. Les quatre périodes (la fin de la guerre, le temps de l’OAS, la crise de l’été, les débuts de l’indépendance). Des expériences multiples, connues (harkis, pieds-noirs) ou oubliées (les camps de concentration dans lesquels vivait le quart de l’ancienne population colonisée sont ouverts ; le retour de quelque 300 000 réfugiés algériens au Maroc et en Tunisie).  

Inventer une histoire populaire de l’Algérie en 1962. Une année 1962 recouverte par le récit de la déploration de 1962 (lié à la crise politique de l’été 1962, l’opposition entre le GPRA et le clan d’Oujda et le bureau politique d’Ahmed Ben Bella). Une année 1962 recouverte par l’histoire de ceux qui ont quitté l’Algérie (650 000 personnes auraient quitté l’Algérie sur une population totale d’environ 10 millions d’habitants). Une histoire connue par les marges et par les vaincus ! Que veut dire faire une histoire du peuple ? Faire entendre des voix (voir la liste des personnages et des témoins cités), décrire un nuancier d’expériences sensibles (p. 19). A partir de quelles sources ? « Faire feu de tout bois » (p. 18). Une histoire qui ne se veut pas exhaustive. Un livre pour qui ? 

Virgule 

Les quatre axes d’étude (ce que 1962 fait à la violence, aux corps, à l’espace, au temps). Que dit ce plan du projet de Malika Rahal ? 

Quelques aspects du livre (1). Violences. Rumeurs (rumeur du sang volé, selon les Européens qui ont disparu récemment « sont vidés de leur sang pour fournir des transfusions pour les blessés musulmans des attentats », rumeur rapportée le 28 mai 1962 par le consul français en Algérie, William Porter, rumeur qui s’appuie sur des « fragments du réel », pour reprendre l’expression de Pierre Vidal-Naquet), angoisses. La déferlante de l’OAS (bien pointée dans les rapports d’observateurs étrangers). Un climat de tensions incroyable, tout particulièrement dans les semaines qui précèdent l’indépendance. Effervescence et vengeance. Les violences contre les harkis. Retour sur le massacre du 5 juillet à Oran. Inscrire l’événement dans son arrière-pays. Le fil de la journée du 5. Que s’est-il passé à Oran le 5 juillet ? 

Quelques aspects du livre (2). Ce que 1962 fait aux corps. Mouvements de population incroyables (retour des détenus, démobilisation). À la recherche des disparus. Voir p. 202 : « Dans l’atmosphère effervescente et miraculeuse, au milieu des retours inespérés et des nouvelles, les disparus reviennent donc hanter les vivants » ; voir aussi p. 215 : « J’ai dans ma propre famille, nous avons dans nos familles des disparus jamais retrouvés ». Disparus contre disparus ? Les festivités, la joie. Mars et juillet. Les exclus des festivités. 

Quelques aspects du livre (3). L’espace et le temps. Le retournement de l’espace. Départ des Européens. Immeubles (les biens vacants), meubles et objets. Les terres libérées et les comités de gestion. L’invention du passé en 1962. Voir notamment les changements de noms de rue. Une mise en récit de la guerre d’indépendance et de la colonisation. 

Conclusion. La révolution 1962. Le temps des possibles. Dépasser 1962 par un long 1962, de décembre 1960 à mars 1963 ? 

Hussein Dey, rue de Constantine, le 5 juillet 1962
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