Emission 259 : Dans le Paris de Carlo Rosselli, activiste antifasciste, réfugié en France dans les années 1930, avec Diego Dilettoso

Deux-cent-cinquante-neuvième numéro de Chemins d’histoire, trente-deuxième de la septième saison

Émission diffusée le mardi 28 juillet 2026

L’invité : Diego Dilettoso, docteur de Cergy-Paris-Université, auteur de Itinéraires d’un antifasciste, Carlo Rosselli. Dans le Paris des années 1930, éditions Rue d’Ulm, 2026.

Le thème : Dans le Paris de Carlo Rosselli, activiste antifasciste, réfugié en France dans les années 1930

Carlo Rosselli (1899-1937) en quelques mots. Né à Rome en 1899 dans une famille juive italienne cultivée, il étudie les sciences politiques et le droit (diplômé des universités de Florence et de Sienne) avant de s’engager contre la montée du fascisme. Après l’assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti en 1924, Rosselli devient un opposant actif au régime. Il participe à des journaux clandestins et aide plusieurs figures antifascistes à fuir l’Italie. Arrêté par le régime fasciste, il est envoyé en relégation sur l’île de Lipari, dont il s’évade en 1929 avant de rejoindre Paris. Là, il fonde le mouvement antifasciste Giustizia e Libertà (« Justice et Liberté »), qui milite pour renverser Mussolini et instaurer une démocratie sociale en Italie. Son ouvrage le plus célèbre est Socialisme libéral (1930). Il y critique à la fois le fascisme et le stalinisme, en défendant un socialisme démocratique non marxiste. Rosselli participe à la guerre d’Espagne du côté républicain. Il est assassiné avec son frère, Nello (né en 1900), à Bagnoles-de-l’Orne, le 9 juin 1937, par des membres de la Cagoule (avec la complicité du régime de Mussolini).

Genèse du travail. Du master à Cornell (2006-2008, affaires publiques) à la thèse en histoire (2021, Cergy), du livre en italien (Milan, 2013) à la traduction française enrichie (2026).

Le projet : « retracer les huit dernières années de la vie de Carlo Rosselli entre août 1929 et juin 1937 » (p. 25). Interpréter ces années à la lumière « du contexte géographique de son action ». Les matériaux, la correspondance familiale, en partie inédite, et les rapports confidentiels des informateurs de la police politique fasciste.

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Prodromes, les « influences familiales du jeune Carlo Rosselli ». Premiers chapitres à visée généalogique. La place de la mère, Amelia Pincherle (1870-1954) dont l’engagement idéologique est débattu. La francophilie d’Amelia. Intérêt précoce de Carlo pour la France, qui reste pour lui « l’incarnation historique et l’héritière légitime de cette tradition de civilisation et de démocratie » (p. 37, Franco Venturi). Premier voyage en France en juillet 1923 (s’arrête à Paris sur le chemin de Londres). Voir la lettre à Amelia du 25 juillet 1923 (citation de la p. 40). Le voyage de noces (escapade), prévu à Paris en 1926, n’a pas lieu (avec Marion Cave).

L’arrivée à Paris en 1929. L’évasion (nuit du 27 juillet 1929, le départ de l’île de Lipari, avec Emilio Lussu et Francesco Fausto Nitti, en Tunisie, Marseille puis Paris le 1er août 1929). L’exil, un choix politique contraint. Rosselli est rejoint par son épouse et son jeune fils plus tard en 1929. La tentation de Londres et des Etats-Unis. Une menace d’expulsion. Voir la lettre au ministère de l’intérieur, sans date (citation des p. 83-84). Quelle place pour les immigrés italiens en France et à Paris à la fin des années 1920 ? Quelle vision de Paris de la part des antifascistes italiens ?

Géographies parisiennes (voir la carte et les trois itinéraires proposés en fin d’ouvrage). Les demeures de Rosselli. Dans le dixième et dix-huitième arrondissement de Paris, auprès des figures de proue du socialisme italien. Voir la fondation de GL (Justice et Liberté). L’appartement du 6 rue des Marronniers, dans le seizième arrondissement de Paris (fin 1929), puis place du Panthéon (janvier 1931). Dernières années à Montparnasse (juillet 1934-juin 1937, 79 rue Notre-Dame-des-Champs). Lecture d’un extrait d’un article publié par John Rosselli, le fils de Carlo, texte publié en 1957 (citation des p. 74-75). Les habitations des amis. Justice et Liberté ne dispose de ses propres locaux qu’à partir de 1934 (entre 1931 et 1934, GL appartient à la Concentrazione Antifascista, avec comme organe de presse, La Libertà, où Rosselli publie quelques articles), rue du Val-de-Grâce puis boulevard Saint-Michel (1936). Les conférences et les congrès à Paris et ailleurs en France. Le Paris privé de Rosselli, le Paris et la France des loisirs. Cafés, cinémas, musées, etc.

Une de Giustizia e Libertà, Paris, 18 juin 1937