Emission 245 : Etre célibataire dans les Etats-Unis du XXe siècle

Deux-cent-quarante-cinquième numéro de Chemins d’histoire, dix-huitième de la septième saison

Émission diffusée le samedi 28 février 2026

L’invité : Romain Huret, directeur d’études à président de l’Ecole des hautes en sciences sociales, auteur de Les Oubliés de la Saint-Valentin. Des vies à l’ombre du mariage, La Découverte, 2026.

Le thème : Etre célibataire dans les Etats-Unis du XXe siècle

Point de départ : cartes postales de la Saint-Valentin envoyés par des centaines de femmes aux élus du Congrès. Voir la carte reproduite à la p. 8. Voir aussi la lettre de l’institutrice Lilian Olson au sénateur du Minnesota, Eugene McCarthy (1969, Olson a une soixantaine d’année, texte reproduit p. 9-10).

Le propos du livre. Les célibataires et le célibat. Mais de quoi parle-t-on ? Les mots pour le dire (old maids, bachelors). Les célibataires, des hommes et des femmes jamais mariés dont l’âge est supérieur à 35 ans, toujours une minorité aux Etats-Unis, dépassant rarement 10 % d’une classe d’âge (graphique, p. 14). Aller au-delà de l’écume des discours d’infériorisation, des refus de reconnaissance, des pratiques de relégation (p. 21). Le livre s’intéresse surtout au statut social des célibataires… plutôt qu’à leurs possibles rêves d’amours déçus. Un statut très particulier dans une société où domine de manière écrasante l’ordre matrimonial (privilèges matrimoniaux qui s’étendent à la sphère professionnelle, voir le sous-titre). Comprendre le vécu des célibataires, une forme de bricolage d’« expériences alternatives » (p. 20).

Avec quelle documentation ? « Patient travail archivistique » (p. 16, voir les remerciements adressés aux « archivistes », p. 266). Ne pas s’enfermer dans des archives qui font la part trop belle aux élites. Journaux intimes et écrits du for intérieur. L’importance des photographies. Quelle méthodologie ? Quel spectre archivistique ?

La fabrique du livre. Ouvrage dédié à la mémoire de Jean Heffer (1933-2019). Le séminaire et les rencontres. L’historiographie.

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Le livre vu à travers quelques documents. (1). La carte du bureau du recensement sur les célibataires disponibles en fonction des territoires, 1898, dans le chapitre 1er « Les anormaux » (p. 29). Quelle solution pour empêcher « le suicide de la race blanche » ? Une migration des femmes pas encore mariées vivant dans le Nord-Est, où elles sont plus nombreuses que les hommes célibataires, vers le Midwest et l’Ouest. Signification et contexte.

(2). Autour de la famille Adams, une famille du Kansas, en particulier Harriett et Azubah (photographies p. 51, 52 et 54, ci-dessous, sur la première Harriett et Azubah Adams sont en bas au centre et à droite, Azubah figure sur la deuxième et la troisième photographies, avec, sur le deuxième, sa sœur et sa fille adoptive au centre), au tournant des XIXe et XXe siècles, enfants et parents (chapitre 2, In loco parentis).

(3). Photographie (p. 74) de Bachelor City, ville minière du Colorado (chapitre 3, photographie de 1890 dans l’ouvrage, ici en date de 1892).

(4). Photographies (p. 168) de John Bastia par le photographe Russell Lee (1937, chapitre 7, « Du travail ! »). On est dans le Michigan, où Bastia vit en solitaire, sans travail après la crise de 1929. L’Etat fédéral remise dans ses placards la série de photographies proposées par Russell Lee et lui préfèrent la Migrant Mother de Dorothea Lange.

(5). Photographie de Dorothy Babb (à droite sur la photographie), professeure de littérature anglaise de l’Université d’Etat du Texas du Nord comptant les célibataires sur le campus de son université (1951, p. 214). Que cela dit-il de la situation du moment ?

(6). Les changements des années 1960 et 1970. Photographie p 254, une publicité d’assurance pour femme célibataire en 1972.

Epilogue et chemins de Romain Huret.