Deux-cent-vingt-septième numéro de Chemins d’histoire, trente-deuxième de la sixième saison
Émission diffusée le lundi 11 août 2025
Les invités : Emmanuelle Fantin, maîtresse de conférences à Sorbonne-Université, codirectrice, avec Julien Tassel, d’un ouvrage intitulé Quand l’enfance rencontre l’histoire. Imaginaires, représentations et savoirs, PURH, 2025, et Fabien Lacouture, maître de conférences à l’université de Lille, coauteur de l’ouvrage.
Le thème : Enfance et histoire
Le canevas de l’émission
Un recueil collectif qui s’intéresse aux liens entre enfance et histoire. Il s’agit ici, plus particulièrement, du lien entre l’enfance et les savoirs ordinaires de l’histoire, ces savoirs « que les enfants croisent chaque jour lorsqu’ils quittent la salle de classe ». Le livre invite à sortir ou à dépasser les cadres disciplinaires ou pédagogiques. Le livre part d’un constat : le « poids du passé » dans les activités quotidiennes des enfants. Intérêt pour les jeux, lectures, fictions, chansons qui « instaurent le premier contact avec le continent historique ». Comment l’histoire circule-t-elle auprès des enfants et des adolescents dans des espaces de loisirs ou de divertissements ? Le livre souhaite « lever le voile sur la diversité des ingénieries du passé à destination des enfants, en rendant compte aussi bien des dimensions matérielles de ces productions culturelles que de leurs dimensions idéologiques, économiques et symboliques ». Que cela signifie-t-il ? Sonder la manière dont les jeux, les divertissements, les livres et autres productions des industries culturelles et créatives « esquissent, convoquent ou racontent quelque chose du passé aux enfants hors de l’institution scolaire ». Bien sûr, l’école est bien présente dans le livre.
Intérêt pour ceux que Jacques Le Goff désigne comme des « médiateurs semi-professionnels ». Chercher à comprendre la démarche des spécialistes de la médiation de l’histoire à destination des enfants. Quel collectif ? 12 coauteurs (dont les 2 codirecteurs), 7 femmes, 5 hommes, sans compter la postfacière (Sophie Corbillé). Du colloque (2021) au livre (2025). On trouvera dans le livre des entretiens avec des professionnels des médiations (ludiques, artistiques, littéraires ou muséales). Quatre entretiens (Richard Unglik, artiste qui a mené l’exposition Playmobil aux Invalides : en avant l’histoire !, Isabelle Doré-Rivé, directrice du Centre d’histoire de la Résistance et de la déportation de Lyon, Albin Quéru et Chloé Nicolas, fondateur et chargée de communication de la maison d’édition Quelle Histoire, Vincent Lodewick dit Dugomier, scénariste de la bande dessinée Les enfants de la Résistance).
Virgule
La structure de l’ouvrage. La première partie examine les imaginaires et les représentations de l’histoire élaborés par ces « usages non historiques du passé ». Qu’est-ce à dire ? La deuxième partie traite du « processus de sélectivité au cœur des représentations de l’histoire ». Intérêt pour la bande dessinée et la littérature pour jeunesse. La troisième partie revient sur les liens entre les savoirs historiques et fiction. Etude de fictions cinématographiques, de jeux, d’expériences. Etude des vignettes historiques du chocolat Poulain où se lit « une certaine vision de l’histoire ». Analyse des discussions du forum d’échanges en ligne « La Gazette du Sorcier », alimenté par les fans d’Harry Potter. Le chapitre de Fabien Lacouture : la médiatisation de la Renaissance italienne dans le jeu Princes de la Renaissances (première version de 2003).
Epilogue. Les chemins de nos deux invités.
