Cent quatre-vingt-deuxième numéro de Chemins d’histoire, vingt-troisième de la cinquième saison
Émission diffusée le mercredi 3 avril 2024
Les invitées : Elisabeth Dikizeko, doctorante à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, et Karine Ramondy, présidente du volet recherche de la commission sur le passé colonial de la France au Cameroun, codirectrices du numéro 5 de la Revue d’histoire contemporaine de l’Afrique, un volume qui s’intitule : « Global Lumumba : retours sur la construction d’une icône internationale ».
Le thème : Global Lumumba
Le canevas de l’émission
Un numéro qui porte sur le « phénomène Lumumba ». Regards sur la couverture qui dit aussi beaucoup sur le projet.
Retour sur la figure de Patrice Lumumba. Présentation de son parcours en quelques étapes-clé. Jeunesse, combat pour l’indépendance, carrière et maturation politique (à partir de 1954), densité idéologique (lumumbisme), l’indépendance fixée au 30 juin 1960, Lumumba au gouvernement, face aux sécessions (Katanga et Sud-Kasaï), avec la complicité belge, la révocation début septembre 1960 et le (premier) coup d’Etat de Joseph Désiré Mobutu qui rend le pouvoir ensuite (le président Joseph Kasa-Vubu restant au pouvoir jusqu’au deuxième coup d’Etat de Mobutu en 1965), prisonnier une première puis une deuxième fois (au Katanga), l’assassinat le 17 janvier 1961, avec les lumumbistes.
L’assassinat de Patrice Lumumba, un « événement-monde » (Jean-François Sirinelli), au regard de l’étendue des mobilisations et de l’intensité des cris d’indignation. Echos de cet assassinat. Réactivation en 2020 à la suite de l’annonce par les autorités belges de la restitution des « restes humains » du leader congolais et plus précisément d’une de ses dents. Cette restitution, réclamée depuis de nombreuses années par sa famille et plusieurs groupes militants, est organisée deux ans plus tard, en juin 2022. La publication de ce numéro, à la suite d’un colloque tenu en 2021, s’inscrit dans ce contexte. Sur les enjeux autour du rapatriement de la dépouille de Lumumba, voir l’article de la revue porté par trois auteurs, Yasmina Zian, Matthias De Groof et Francis Mapanze Mangole.
L’internationalisation et la panafricanisation de Lumumba commencent avant son décès. Affirmation sur le plan international dès la fin des années 1950. Nouvelles connexions en 1958-1959. Le Global Lumumba après 1961.
De l’intérêt d’une perspective ou de perspectives globale(s) avec pour centre l’Afrique. Historiographie à ce sujet. Un numéro composite (11 auteurs). La Revue d’histoire contemporaine de l’Afrique.
Virgule
Acteurs et passeurs de l’héritage Lumumba (1). Le rôle joué par l’Union des jeunesses révolutionnaires congolaises (UJRC) dans la diffusion du lumumbisme à l’échelle africaine et internationale. Modalités et adaptations (la question du marxisme-léninisme). Question : le lumumbisme « spéculatif » de l’UJRC peut-il pour autant être analysé comme un avatar ou un projet de détournement au même titre que celui orchestré par Mobutu (qui fait de Lumumba un « héros national » dès 1966) ?
Acteurs et passeurs de l’héritage Lumumba (2). Le rôle joué par les femmes. Au Ghana, des femmes, journalistes, militantes et une poétesse, ont participé à la panafricanisation du débat sur la décolonisation du Congo (article d’Elisabeth Dikizeko).
Dynamiques mémorielles. Lumumba en Chine dans les années 1960 (réponse culturelle et artistique, c’est ce que montre Piet Defraeye). Essor et arrêt avec le début de la Révolution populaire (fin de 1966). Lumumba dans la peinture urbaine congolaise (Didier Gondola). Insertion dans la tradition messianique kongo, passage par l’espace afro-américain des Etats-Unis, au Congo.
Retour sur le documentaire Colette et Justin, par le réalisateur Alain Kassanda.
Epilogue.
