Cent cinquante-neuvième numéro de Chemins d’histoire, trente-neuvième numéro de la quatrième saison
Émission diffusée le samedi 22 juillet 2023
L’invitée : Laurence Plazenet, professeure à l’université Clermont-Auvergne, coéditrice avec Pierre Lyraud, de Pascal. L’œuvre, Bouquins et Mollat, 2023.
Le thème : Blaise Pascal (1623-1662), une vie et une œuvre
Le canevas de l’émission
Lecture initiale. Commentaire. Aux origines du projet. Le projet et sa mise en œuvre avec Pierre Lyraud.
Première partie. Comprend des actes officiels, des récits, des lettres et des témoignages. Parmi lesquels une Vie écrite par sa sœur, Gilberte, « l’unique source contemporaine qui s’emploie à retracer l’existence de Pascal de ses premiers à ses derniers jours ». Familiarité (enfances, vie quotidienne, sentiments). La Vie oriente le lecteur déconcerté. Un ouvrage écrit entre 1662 et 1663, publié en 1684. Structure : genre littéraire de la légende. Parcours biographique : un tiers du récit. Quarantaine de paragraphes consacrés à « la manière de vivre » de Pascal. Treize à la mort de Pascal. Portrait d’un saint en puissance. Visée édifiante, un cheminement spirituel, dans un corps souffrant. A lire avec la Vie de Jacqueline, sœur de Blaise et de Gilberte, entrée à Port-Royal en 1652, texte également publié dans le volume de 2023. Insiste sur les talents et la précocité scientifique de Pascal (génie mathématique, la 32e proposition d’Euclide démontrée à 12 ans, « la somme des angles d’un triangle est égale à deux angles droits », et tout ce qui suit, l’invention de la machine arithmétique en 1642, expériences sur le vide). La conversion de 1646. « La Providence de Dieu ayant fait naître une occasion qui l’obligea de lire des écrits de piété, Dieu l’éclaira de telle sorte par cette lecture, qu’il comprit parfaitement que la Religion Chrétienne nous oblige à ne vivre que pour Dieu, et à n’avoir point d’autre objet que lui : et cette vérité lui parut si évidente, si nécessaire, et si utile, qu’elle termina toutes ses recherches ; de sorte que dès ce temps-là il renonça à toutes les autres connaissances pour s’appliquer uniquement à l’unique chose que Jésus-Christ appelle nécessaire » (paragraphe 22, à Rouen).
Prémisses chrétiennes. Voir la lettre de Pascal aux Périer au sujet de la mort de son père (1651). Vie mondaine et ferveurs, 1652-1655. L’installation rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, en octobre 1654. La nuit de feu, la nuit du mémorial (voir p. 447 et s.), 23-24 novembre 1654. « La ferveur de la conversion ne signe, en effet, aucun retrait définitif du monde : l’oubli dont parle le Mémorial ne désigne pas un effacement de ce dernier, mais l’instauration d’une juste distance envers lui, la définition d’une ‘proportion’ exacte entre l’homme et le siècle » (p. 329-330).
Virgule
Le temps des polémiques (1655-1658). Penser et défendre la grâce. Composées de dix-huit Lettres écrites à un Provincial par un de ses amis, les Provinciales sont une œuvre de circonstance, constituée a posteriori lors de sa publication en recueil. Fruits d’une âpre polémique sur la question de la grâce et de la morale relâchée au XVIIe siècle, elles furent unanimement célébrées par leurs contemporains et demeurèrent l’ouvrage de Pascal le plus fameux et le plus apprécié jusqu’au milieu du XIXe siècle. Débat de longue haleine sur la grâce. Opposition entre jésuites et jansénistes. Première lettre paraît en janvier en 1656 alors qu’Antoine Arnauld est menacé de condamnation pour la publication de libelles apologétiques (un Parisien informe par lettres ami du déroulement du procès d’Arnauld à la Sorbonne). Après la troisième lettre, Arnauld condamné, Pascal s’attaque à la Compagnie de Jésus. 18 lettres publiées jusqu’en mars 1657. Fonctionnement, assise théologique, style, ironie mordante.
Professions de la foi (1656-1662). Les Pensées. « Un amas de pensées détachées pour un grand ouvrage qu’il méditait » (Etienne Périer, préface). Des papiers aux Pensées, une création éditoriale. Un ensemble hétéroclite mais pas tout à fait chaotique. Forme d’incomplétude. Quel sens ?
Les chemins de Laurence Plazenet.


Portrait du jeune Blaise Pascal par Jean Domat ; portrait de Gilberte Périer, née Pascal